Notes de lecture : « Clientélisme et patronage dans l’Algérie contemporaine » de Mohammed Hachemaoui

« Penser l’Algérie et asseoir la politique sur des bases sérieuses », voilà comment Feu. Mohammed Harbi décrit, dans la préface, la démarche de Mohamed Hachemaoui, professeur des universités et auteur de « Clientélisme 6 et patronage dans l’Algérie contemporaine » (éditions Karthala, 2013), l’ouvrage issu de sa thèse sur les élections législatives de 2002.

La question principale posée dans ce livre est de savoir si l’enjeu autour de la représentation parlementaire se pose en termes de retour à la tradition, ou si il s’agit plutôt du retour d’un jeu politique, dont la fabrique doit être explicitée. La problématique ainsi posée a révélé deux autres questions : Comment opèrent « le langage et les symboles » pour produire des effets politiques observables ? Et pourquoi certaines idéologies (le nationalisme mis en concurrence avec des croyances religieuses et tribales) sont-elles plus efficaces que d’autres ?   (P.25)

Avant d’entrer dans le vif du sujet, précisons que les acteurs de cette enquête sont les réseaux confrériques et tribaux, les partis politiques de l’administration (FLN, RND principalement), la police politique (somme toute assez peu abordée) ainsi que les tycoons, c’est-à-dire les hommes d’affaires liés au pouvoir de près ou de loin. Adoptant la méthodologie de l’ethnographie politique, Mohammed Hachemaoui partage avec le grand public, le résultat de plusieurs années d’enquête menée à Tébessa et à Adrar. 

Pour analyser la fabriqu e du politique, l’auteur a recours à la « cartographie tribale » et au native model (P. 31) distinguant deux collèges, celui des arush majoritaires et celui des arush minoritaires ; les deux servant comme éléments de décryptage de la représentation discursive. Comme référent théorique, Hachemaoui s’intéresse à plusieurs courants de pensée pour essayer de cadrer le rapport entre État et tribu, dominé en réalité, selon l’auteur, par les pratiques politiques quotidiennes visant à la reproduction du statut quo autoritaire. 

Pour ma part, je me suis intéressée à ce livre à l’aune des élections législatives de 2026, dont les résultats sont connus aujourd’hui. N’ayant pas été en mesure de terminer ce travail de synthèse à temps, je le publie quand même aujourd’hui en espérant que cela soit utile. 

I. Tébessa, quelle place pour la tribu ? 

L’idée principale de la première partie du livre est de démontrer comment, à Tébessa, c’est le « lien de solidarité et la société idéale qui prévaut » par rapport notamment à l’influence des tribus « majoritaires », Nmemcha, Brarcha et Alwana.

Pour rappel, la région de Tébessa représente un lieu d’où sont issus de nombreux responsables politiques et militaires de haut rang. Face à l’exercice « démocratique » en contexte autoritaire, l’élection d’un représentant de la région doit prendre en compte selon l’auteur différents paramètres. D’abord, une sorte de répétition de l’histoire puisqu’entre 1865 et 1875, « onze caïds du cercle militaire de Tébessa sont issus de la seule tribu des Nmemsha » (P.55). Par ailleurs, la « lutte armée pour l’indépendance n’échappe pas davantage aux pesanteurs tribales » (P.63). S’ajoute à cela « l’allégeance des groupes au pouvoir central dans le creuset des liens de clientèles » – dès 1962, avec l’Assemblée nationale constituante. 

En 2002, Hachemaoui décrit une nouvelle situation dans cette région avec une « volonté de modernisation » de la façon avec laquelle est fabriqué le politique (P.73), liée probablement au fait que des personnalités comme Ali Benflis (Premier ministre de 2000 à 2003) ont occupé des postes au sommet de l’État. Le poids électoral des arush est également une variable importante à prendre en compte, avec 50000 voix pour les Alwana et 110000 voix pour les Brarsha (les deux principales tribus des Nmemcha) et pour les tribus minoritaires, 63000 pour les Awlad Yahia et 25000 pour les Awlad Abid. Le jeu politique intervient, quant à lui, plutôt vis-à-vis du FLN dans des divisions observées entre le commissariat central et le comité de soutien ; le conflit se situant notamment autour des Brarsha qui ne s’estimaient pas satisfaits dans leurs demandes. 

C’est dans ce contexte que sont finalement élus deux représentants pour les Alwana, deux pour les Brarsha, deux pour les Awled Abid et un pour les Awled Yahia. L’analyse des répertoires performatifs, sur la base de ce qui a été mentionné, démontre que la politique se fabrique à ce moment là, dans le cas de Tébessa, de façon assez peu orthodoxe et sur la base d’un tribalisme sans tribu. 

II. Adrar, quelle place au maraboutisme ? 

À Adrar, où Hachemaoui a mené la deuxième partie de son enquête, c’est plutôt à l’organisation sociale que s’est intéressé l’auteur, dans une région demeurant marginalisée, et où la « réinvention de la tradition maraboutique et makhzenienne » (P.125) est constatée depuis le milieu des années 70. 

Dans ce contexte, c’est entre les shurfas et les mrabtines que se joue avant les élections, la recherche de la baraka ; les premiers bénéficiant de la baraka héritée, les seconds de celle de tempérament. Les deux çoffs qui se rattachent à cette logique sont d’une part les Yahmed, qui représentent les Zénètes et d’autre part, les Suffian, issus du Gourara et de ses tribus arabes. Ils s’imposent comme maîtres des Oasis de l’Adrar à partir du XIIème siècle. S’ajoutent à cela les hrar (roturiers) et les hratin, noirs descendants d’esclaves affranchis par le travail agricole. Enfin, et à l’extérieur de ce système formant une sorte de makhzen se situe, à la périphérie, le bled Es-siba qui constitue le terreau tribal d’Adrar, ces derniers bénéficiant de la « révolution agraire » à partir de 1971 en devenant attributaires terriens. 

Le jeu électoral pose trois questions selon Hachemaoui, la plus importante étant : qui est tête de liste et pourquoi, en considérant que l’objectif du système politique dans cette région est de réguler d’éventuels conflits ou rivalités entre par exemple, les populations du Touat, du Gourara et du Tidikelt.

Pour tenter de répondre à cette question, Hachemaoui compare les parcours de deux candidats. D’une part, Hadj El Guerrout qui est issu de la tribu des shaamba à Ouergla. Son ascension est décrite comme le résultat d’un réseau relationnel créé suite à son passage en tant q u e directeur de la culture de la wilaya d’Adrar (P.129), mais aussi d’un sens développé des affaires (ravitaillement des populations sahariennes et projets dans le « dur ») et d’un hadj qui a permis d’asseoir son influence. 

Hamid Riahou, son concurrent, est quant à lui natif d’Alger et fait valoir sa « médiation clientélaire » (P. 135). Il mène campagne sur la base de ce qui est décrit comme le fait de « distribuer ex-post l’impôt de la représentation », en promettant des projets de construction d’un centre hospitalier ainsi que d’autres investissements.

Ainsi comparés, Hachemaoui constate que Hadj El Guerrout dans son rapport à son électorat potentiel, est « immergée dans une atmosphère culturelle cohérente », quand Riahou est dans des « situations de confusion de langage et de normes. » (P. 137)

L’enjeu réel constaté à posteriori par l’auteur est en réalité « la dispersion des réservoirs électoraux » (p.143) à Adrar, à l’angle du pouvoir et des croyances maraboutiques. Résultat des courses, l’équilibre entre les différentes régions sera priorisé pour ne pas élire des têtes de liste issus de la même région. 

III. Argent et élections 

Dans cette partie, l’auteur se pose la question de savoir comment à Adrar et à Tebessa, l’argent peut acheter les élections. Il note que la corruption financière (pas celle des âmes !) atteint son objectif surtout quand il s’agit du haut de la pyramide, en soulignant néanmoins que ce qui permet l’existence même de la prétention à la représentation est le fait de devenir « client ». Au niveau infra, l’auteur constate que pour 1000 dinars distribué la veille, une liste peut-être favorisée par des électeurs, jeunes notamment, n’ayant pas prévu de voter. 

La violence des rapports de force dans cette configuration résulte ainsi à Tébessa, en l’apparition de clans pour le contrôle du FLN menant à l’exclusion de onze membres en amont des élections. À Adrar, Hachemaoui s’intéresse à ce qu’a fait Abdelaziz Bouteflika et son entourage du maraboutisme, à savoir la recherche (et l’obtention) de la baraka des zaouïas et de ceux qui ont un rapport mystique à la tradition religieuse. Il y ajoutera un programme de compensation financière très important et nécessaire malgré tout. 

Hachemaoui conclut son livre en ces termes : « Sous-estimer l’importance de ses ressorts sociaux et politiques est une grossière erreur d’analyse, tant elle empêche la compréhension des phénomènes de fragmentation communautaire, de prédation et de warlordisme. Or, des affrontements meurtriers qui opposent de façon quasi-cyclique les Shaamba (Arabes et Sunnites) aux Mozabites (Berbères et Ibadites) de la vallée du Mzab, jusqu’aux conflits tribaux et confessionnels qui déchirent la Libye et l’Irak de l’ère « post-autocratique », les exemples où ces dynamiques (autrefois) souterraines interviennent pleinement, ne manquent pas. C’est dire que la chute du régime n’entraîne pas mécaniquement la forclusion des dynamiques électorales. » … De quoi faire réfléchir à l’aune des dernières élections législatives et des prochaines élections locales, fin novembre. 

Yasmine Kacha — Es

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France : Quelques observations sur la mobilisation inédite des lycéens 

Depuis quelques semaines en France, la rentrée est agitée par un mouvement de protestation lancé à partir d’un lycée de Créteil en Île-de-France, le 21 septembre, selon toute vraisemblance (France 24 parle ici du 17 septembre). Les revendications des lycéens concernent principalement le nouveau système d’orientation appelé Parcours sup, qui cherche à renforcer la spécialisation des connaissances et des formations. Ce mouvement se veut aussi être une critique de ce dont doit souffrir tout le personnel des établissements scolaires, à savoir la disponibilité des enseignants et la gestion du temps scolaire. La vétusté des bâtiments est également une des raisons de ces mobilisations.

Le mouvement se donne jusqu’au 17 octobre, date du début des vacances de la Toussaint pour faire aboutir ces revendications. Le blocage des lycées est leur moyen d’action principal, bien que cela les oblige à s’appuyer sur des représentants de la société civile pour tenter d’organiser la résistance face aux forces de l’ordre. Aujourd’hui, le parquet a annoncé environ 5000 interpellations, dont 1793 gardes à vue. Quant au nombre de lycées bloqués, il y en aurait au moins 400 sur une totalité d’environ 3700. 

Pour ma part, une image m’a particulièrement interloquée : celle d’une dame d’un certain âge qui a menacé des jeunes d’une arme à Caen, en donnant l’impression qu’elle était prête à leur tirer dessus à bout portant, à partir de son balcon. L’arme s’est avérée factice mais la force de cette image dit pour moi l’expression d’une violence nouvelle en France. Dans ce contexte, penser à ce qui est arrivé par exemple aux États-Unis il y a déjà bien longtemps, et qui a été rapporté dans le film « Elephant » de Gus Van Sant pour atteindre une audience internationale, est peut-être exagéré. Mais puisque les armes non létales deviennent des moyens de gestion du maintien de l’ordre – considéré par des organisations comme Amnesty International comme étant un usage disproportionné de la force, il est important de considérer que ce genre d’images peut en inciter plus d’un (je parle des citoyens et citoyennes ordinaires) à agir de la même façon. Là aussi, la perception d’une loi comme la loi RIPOST (Réponses Immédiates aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité de nos concitoyens) peut encourager une évolution dans le rapport à la violence puisque, pour résumer ce qu’en ont retenu beaucoup (dans un contexte préélectoral, où les deux partis les plus influents émanent des «extrêmes »), c’est par le bâton que va être géré l’espace public, quand les autorités, elles, défendent un texte qui se veut à la hauteur des enjeux de sécurité actuels. C’est pourquoi, envisager une augmentation exponentielle de la haine à l’encontre des « fauteurs » de troubles devrait, je crois, être une source de crainte pour l’avenir. 

Par rapport aux revendications et de ce que j’ai pu en comprendre, il semble que ces manifestations soient une façon de dire ce qui ne va pas, huit ans après la mise en place d’une réforme majeure, celle de Parcoursup, en 2018. De ce fait, les élèves, un peu d’ailleurs comme dans le système américain, sont amenés à faire leur choix bien en amont de la rentrée universitaire, à partir du mois de décembre de l’année précédant leurs examens de baccalauréat. Ils sont, soit en filière « Baccalauréats général et technologiques » ou alors en « baccalauréat professionnel » et ils doivent s’assurer de choisir les bonnes combinaisons de spécialités afin d’être acceptés par les établissements de l’enseignement supérieur. On peut donc imaginer que face à ce choix compliqué et déterminant, un environnement stable et encourageant devient une des conditions essentielles de l’apprentissage. C’est ce que soulignent des sociologues comme Fabien Truong, qui interviewé sur France Culture, a rappelé que ce qui était attendu par les lycéens était que soit adressé entre autres, l’anxiété de s’autodéterminer. Pour se faire, il doit bien exister des solutions tant au niveau national qu’international, afin de répondre aux exigences liées par exemple aux volumes horaires, aux contenus des enseignements et à la vétusté des lieux abritant les établissements …etc. La prise en compte d’une situation économique encore très impactée par le Covid-19 me semble aussi très importante, dans un contexte géopolitique tendu, marqué par de nombreuses crises. 

À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation demain, à laquelle appellent de leur voeux la Confédération de la CGT ainsi qu’une large intersyndicale de l’Éducation nationale, espérons que ceux et celles qui souhaitent dire en manifestant, à quel point l’avenir est sérieux… sauront se faire entendre sans être punis démesurément. D’autant plus que leurs revendications relèvent plutôt de préoccupations évidentes. 

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Mots-clés du jour

Thématiques : Relations internationales

Mots-clés : Corruption. Lutte. Islamisation. Contre. Hirak. Traditionnelle. Mythique. Famille. Couple.

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Mots-clés du jour

Thématique : Relations internationales

En deux temps :

Première série : Déformation. Luxe. Vide. Nucléaire. Ligne. Multipolaire.

Deuxième série : Secret. Moi. Un. Linge. Masse. Formation.

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Mots-clés du jour

Thématique : Droits humains

Mots-clés : Avance. Vent. Crise. Apprendre. Terrorisme. Nous. Veau. Genre.

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Thématique : Démocratie

Mots-clés : Intikhabete. Surface. Paris. Fraude. Election présidentielle. Branche. France.

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Réflexions en amont du vote sur la proposition de loi relative à la fin de vie en France 

Dans le contexte du vote mardi prochain sur la proposition de loi relative à la fin de vie en France le mardi 30 juin, le sujet de savoir si en France, pays où je vis à présent, l’accès au droit de mourir dans la dignité me paraît être très important pour l’avenir de ce pays (et pour le mien aussi).

Pour rappel, en 2005, la loi Léonetti a encadré le non-acharnement thérapeutique, ce qui a permis aux personnes malades de faire part en amont de leurs souhaits, dans le cas où elles ne seraient plus en capacité de décider de leur plein gré. En 2016, la loi Clayes Leonetti est venue quant à elle renforcer l’assistance à mourir pour les cas en phase terminale par exemple, sans aborder la question de l’euthanasie ou du suicide assisté. 

Pour ma part, en tant que non croyante et parce que je considère que nous ne sommes que responsabilité, le droit de choisir l’heure, le jour et l’année de sa mort, en recourant à un cadre légal clair relève d’un droit humain qui mérite d’être protégé. L’affirmation du « droit de » au lieu d’un « droit à » comme posée par un sénateur en mai dernier, me semble peu pertinente car le droit de mourir suppose justement de sortir d’une approche du droit comme garantie du fonctionnement libéral d’une démocratie. 

À ce stade, le seul véritable argument contre le droit de décider de sa propre mort est lié aux probabilités d’une mort donnée par préméditation pour des raisons autres que celles qui dépendent du seul choix personnel… dans ce cas, le recours à des histoires vraies, au sens de choix commis devraient aider à relever le débat au plus haut niveau intellectuel. 

Ceci étant dit, le rapport de la Convention citoyenne sur la fin de vie publié en 2023 souligne bien l’importance de prendre en compte le modèle sociétal français, tel qu’il est envisagé par les citoyens. Ainsi, page 45, il est écrit : 

« Légaliser l’aide active à mourir remet en question la primauté accordée à la vie. La société, la médecine et l’hôpital ont pour vocation de protéger la vie. Pour nous, laisser la liberté de choix de sa mort à chacun s’oppose à l’idée de fraternité et à la nécessaire aide à autrui. La demande d’aide active à mourir ne correspond pas toujours à la volonté intime du patient : dans ce cas, la question du libre arbitre reste problématique. Il existe un réel danger derrière la revendication absolue de la liberté qui est encadrée par les choix de société. L’accumulation des volontés individuelles avec des projets singuliers ne fait pas société. 

Pourrons-nous encore former un corps social ou serons-nous une mosaïque d’individus vivant côte à côte ? L’aide active à mourir s’inscrit dans un projet de société auquel nous n’adhérons pas. En outre, avec l’aide active à mourir, il pourrait y avoir chez certaines personnes un sentiment accru d’indignité et d’être un poids pour leurs proches ou pour la société. La légalisation de l’aide active à mourir adresse, selon nous, un mauvais signal aux patients et à la société. En mettant fin à la mission unique de l’hôpital, nous risquons de banaliser la question de l’aide active à mourir. Une loi qui autoriserait celle-ci obligera chaque famille et chaque patient à l’envisager. Nous ne sommes pas une société de la toute-puissance : il faut soulager la souffrance au maximum et sans obstination déraisonnable mais sans mettre en œuvre l’aide active à mourir. 

La légalisation de l’aide active à mourir pourrait : • Entraîner une démultiplication des conflits d’intérêt en faisant primer l’économique, • Affecter l’effort de recherche et développement sur la fin de vie et les douleurs réfractaires. Les conséquences psychiques de l’aide active à mourir sur les familles et les soignants peuvent être importantes. La fatalité est parfois plus acceptable qu’un choix. Légaliser l’euthanasie ne résoudrait pas nécessairement les risques d’aggravation des conflits en justice et entrainerait notamment des désaccords au sein des familles ou contre les médecins. Légaliser l’aide active à mourir sans condition rendrait plus compliquées les politiques de lutte contre le suicide. »

Ce chapitre qui me semble être le plus important est à méditer pour les années à venir, quelque soit le résultat du vote de mardi…

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En pensant aux prochaines élections législatives… un poème !

Alors que les élections législatives approchent en Algérie, je partage cette poésie écrite en 2017 pour faire réfléchir…

Ballade à Alger

Rue Didouche Mourad

J’ai vu une jeune femme portant une courte robe et des ballerines

Une autre dont le voile vert parsemé d’étoiles reflétait les tons du ciel

Et puis encore une autre, voilée portant jean et talons aiguilles

J’ai vu un homme, sa longue barbe noire et une djellaba blanche

Un autre avec un jean serré et une petite étiquette rouge sur la poche arrière

Et puis encore un autre, pavanant dans son uniforme militaire à 19 ou 20 ans

Vers la place Audin

J’ai vu le Nous des jeunes s’exprimer plusieurs fois

Sifflant les filles qui passent

J’ai vu le receveur acrobate

S’étirant sur trois mètres pour faire payer les passagers

J’ai vu une femme noire comme moi, puis une autre, puis encore plusieurs autres

J’ai vu l’homo-œconomicus dans un magasin de chocolat

oublier que le prix d’une tablette, c’est presque 3% du salaire minimum

A la Grande poste

J’ai vu un homme accroupi face à terre au milieu d’une place publique

Priant le soleil, le ciel, les oiseaux et sa mère aussi, probablement

J’ai vu quatre hommes et une femme appeler à voter pour le numéro 52 de la liste d’un parti inconnu

Nous rappelant que des élections auraient certainement lieu bientôt

J’ai vu un marchand de livres ranger ses étales

Cherchant désespérément du regard, un potentiel acheteur de dernière minute

J’ai vu un vendeur ambulant

Refusant d’obéir aux ordres d’éradication d’un gouvernement aux solutions superficielles

Son nom ? Mohamed Bouazizi ou Mohcine Fikri 

Je ne sais plus… 

Et dans ses yeux, la Lueur. 

Sur la rue Larbi Ben M ‘hidi

J’ai vu des hommes rire autour d’un café 

Ou étaient-ce des policiers ? 

J’ai vu un commerçant expliquer à un jeune comment obtenir plus de crédit téléphonique

Attirant l’attention de tous les autres enchantés à la perspective de parler plus, même si c’est pour ne rien dire

Au Square Port Saïd

J’ai vu des hommes, beaucoup d’hommes, brandir leurs dinars, leurs dollars, leurs euros en ma direction

Me signifiant qu’aujourd’hui en Algérie, tout a un prix.

J’ai vu les clients du café de l’Indépendance surpris de voir une femme passer leur chemin

Boulevard Che Guevara

Là, devant l’infini méditerranéen,

Je me suis vue

Émue,

J’aurais voulu crier :

À l’Algérie en mouvement

Celle des certitudes

Celle de l’approximatif

À toi algérienne

À toi algérien

Ces mots ne sont rien

Qu’un pansement sur tes silences

M’écoutes-tu?

Ecoute-moi!

Nous nous perdons encore

Mais un jour prochain

Nous nous retrouverons

Nous nous trouverons

Et alors,

alors,

Révolution.

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Enjeux à gauche autour de la prochaine présidentielle

La France vit actuellement un des grands moments de son histoire avec l’arrivée potentielle de l’extrême droite au pouvoir. Pour suivre, il faut avoir en tête que ce n’est pas tant le sentiment de ne plus faire socle commun qui est à remettre en cause, mais bien le fait que la gauche a du mal à convaincre et à rassembler. Je veux dire qu’à voir parler en interview Marine Lepen et Jordan Bardella, il ne fait pas grand doute que parler aux Français n’est pas un art qu’ils maîtrisent au vu du passif historique que ne peuvent ignorer ces derniers. Il est d’ores et déjà possible d’annoncer que les promesses ne pourront être tenues qu’à coup d’érosion démocratique. 

La gauche dans ce contexte pose toujours le même problème : qui sera en mesure de la réunir et en est-elle seulement capable ? Ici, je pense aux femmes qui ont souvent des rôles déterminants et qui peuvent parfois mener à bout portant de très grands combats politiques, quand elles sont au niveau intellectuel qui le permet. Dieu sait que Mathilde Panot, Sandrine Rousseau, Marine Tondelier, Manon Aubry et Clémence Guetté peuvent porter haut l’idée d’un potentiel rassemblement haut en couleurs. Cependant, il ne faut pas oublier qui est en face, à savoir une extrême droite qui a pris pour cible les musulmans, pour cacher sous une couche visqueuse leur haine des algériens et des algériennes, ciblés de manière systémique. 

Dans ce contexte, je m’interroge sur la faisabilité d’une telle union. Rien n’est moins sur pour le moment puisque les campagnes des candidats commencent à peine. Rappelons quand même que le taux d’abstention lors de la dernière présidentielle était autour des 30%. 

C’est donc la mobilisation des citoyens et citoyennes qui nous dira en quoi ils et elles croient ou ne croient pas, en espérant qu’ils se souviennent que le langage des politiques ne peut être que replacé dans son contexte, celui d’un pays en voie de disparition…

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La prise du château de Beaufort : de quoi la politique israélienne est-elle le nom sur cette « avancée » ?

Il y a deux jours, un tournant majeur a eu lieu : l’armée israélienne a repris le château de Beaufort, 26 ans après s’en être retiré. La symbolique de ce lieu devrait en choquer plus d’un. Comme le précise cet article du Monde, cet endroit a été historiquement un lieu portant le souvenir des croisades qui pour rappel ont eu lieu à partir du 11ème siècle. 

Est-ce à dire que nous sommes de retour à un temps que nous pensions révolu et comment comprendre la levée du drapeau israélien après son retrait en 2000 ? Pour ma part, j’y vois un signal alarmant ; celui de l’annonce d’un potentiel changement de paradigme quant à la prise en compte de la question religieuse dans les affaires publiques. De deux choses l’une, soit Israël vient d’annoncer au monde, dans un contexte de tensions avec les Etats-Unis que l’histoire du christianisme ne doit pas être oubliée. Ou alors, l’Occident n’a toujours aucun autre but autre que d’affirmer la supériorité de ses valeurs libérales, que seule porte haut les couleurs de la démocratie. 

Le prix à payer reste donc à déterminer et de vieilles angoisses ne peuvent que ressurgir. De nature paranoïaque, j’ai toujours pensé que la Shoah n’avait rien d’un passé révolu. Par ailleurs, le projet du grand Israël porté par le Premier ministre israélien et sa coalition au pouvoir ne peut que se voir renforcer au vu de la domination militaire et stratégique de ce pays sur la région. Enfin, l’idéal porté par ceux qui font de l’Islam l’autre voie à suivre donne l’impression que la guerre ne peut être que la continuation de la paix par d’autres moyens.   

Ainsi, mieux vaut s’attendre au pire. Retourner dans la caverne quand on pensait en être sortie est la question qui à mon avis, nous est posée. A voir si quelqu’un s’intéresse encore vraiment à y répondre s’agissant des citoyens du monde…

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