Alors que l’année est bientôt finie (ouf!), je profite de ces derniers jours pour vous partager (moi aussi!) mes lectures marquantes de cette année :
- « How propaganda works » de Jason Stanley
Dans ce livre, Stanley, philosophe américain, nous aide à clarifier des termes comme « propagande » ou « idéologie », trop souvent utilisés de manière superficielle. L’interêt de cet ouvrage qui se concentre sur les Etats-Unis, est qu’il permet de développer des arguments solides sur l’évolution des systèmes politiques dans différents contextes. Si ça vous intéresse, vous pouvez lire mon compte-rendu en anglais, ici : https://espaceintermediaire.org/my-review-of-how-propaganda-works/
2. « Baya ou le grand vernissage » d’Alice Kaplan
Ces dernières années, nombre d’évènement, surtout des expositions d’ailleurs, ont été consacrés à Baya, artiste algérienne majeure. Alice Kaplan, historienne américaine a pour sa part décidé d’écrire un livre intitulé « Baya, ou le grand vernissage » sur le premier vernissage des oeuvres de Baya à Paris en 1947, alors que la peintre n’a que 16 ans. À travers ce récit, on découvre la personnalité d’une femme algérienne, génie de son temps car capable de créer de l’universel, au plus haut niveau de l’expression artistique.
3. « Conversations entre adultes » de Yanis Varoufakis
Livre écrit par Yanis Varoufakis, économiste et figure politique de la gauche radicale, « Conversations entre adultes » est un témoignage précieux sur le fonctionnement des institutions financières européennes et internationales, pendant la crise de la dette grecque. Il permet de lire de l’intérieur, à partir du point de vue de celui qui fût ministre des Finances en 2015, ce que font les politiques libérales à un pays européen, membre de l’Union européenne . Pour Varoufakis, la dette de la Grèce ou plutôt la prison qu’est devenue cette dette n’existe que parcequ’elle a été encouragée et soutenue par des politiques au service de banques privées, utilisant l’argent du contribuable pour maintenir l’asservissement de l’économie grecque. Les échanges cordiaux de Varoufakis avec Christine Lagarde ou Wolfgang Schaäuble n’y changeront rien, d’autant plus que l’auteur a dû se confronter à des divergences de point de vue à l’intérieur de Syriza. Finalement, Bruxelles obtiendra la tête de Varoufakis qui démissionna en juillet 2015, avant de lancer son parti politique Diem25. Une lecture intéressante à un moment où la Grèce est considérée comme un exemple à suivre pour la France entre autres, sur la question de la gestion de la dette.
4. « Le FLN, mirage et réalités (1954-1962)» de Mohammed Harbi
Lire Harbi, immense historien de l’Algérie, c’est se rappeler à quel point on ne sait rien tant ses livres sont gorgés de références à une histoire vécue par lui comme acteur de premier plan, et dont il est difficile de suivre le fil sans faire quelques « pauses-recherches ». On ne peut d’ailleurs s’empêcher de penser qu’il n’y avait que Mohammed Harbi pour écrire un ouvrage aussi critique du nationalisme algérien, mission malheureusement impossible aujourd’hui. Pourtant, l’auteur appelle de ses voeux à écrire l’Histoire algérienne sur les « luttes civiles » entre algériens par exemple. A ce sujet, il refuse de réduire le conflit MNA/ FLN à des rapports de force, dont l’un des camps serait sorti victorieux. Autres pans de l’histoire qu’il explore sur le même sujet : les seigneurs de la guerre après l’assassinat de Abbane ou la formation d’une armée professionnelle à l’extérieur de l’Algérie en tension avec celle de l’intérieur, terrain que la jeune historienne Saphia Arezki a brillamment défriché dans son livre sur les trajectoires des militaires de l’armée algérienne.
5. « Un peu d’air frais » de George Orwell
Dans ce roman publié en 1939, George Orwell, écrivain et militant antifasciste anglais, décrit à travers George Browling, son personnage principal, une époque : celle de l’entre-deux-guerres, où, observe l’auteur, les habitants de Londres n’ont pas l’air de se préoccuper de la catastrophe à venir. Browling finit lui-même par se questionner sur les raisons de ses inquiétudes face à la montée du fascisme alors qu’il n’y peut rien tant sa vie quotidienne de travailleur de la classe moyenne le préoccupe, jusqu’à le harasser…
