La France vit actuellement un des grands moments de son histoire avec l’arrivée potentielle de l’extrême droite au pouvoir. Pour suivre, il faut avoir en tête que ce n’est pas tant le sentiment de ne plus faire socle commun qui est à remettre en cause, mais bien le fait que la gauche a du mal à convaincre et à rassembler. Je veux dire qu’à voir parler en interview Marine Lepen et Jordan Bardella, il ne fait pas grand doute que parler aux Français n’est pas un art qu’ils maîtrisent au vu du passif historique que ne peuvent ignorer ces derniers. Il est d’ores et déjà possible d’annoncer que les promesses ne pourront être tenues qu’à coup d’érosion démocratique.
La gauche dans ce contexte pose toujours le même problème : qui sera en mesure de la réunir et en est-elle seulement capable ? Ici, je pense aux femmes qui ont souvent des rôles déterminants et qui peuvent parfois mener à bout portant de très grands combats politiques, quand elles sont au niveau intellectuel qui le permet. Dieu sait que Mathilde Panot, Sandrine Rousseau, Marine Tondelier, Manon Aubry et Clémence Guetté peuvent porter haut l’idée d’un potentiel rassemblement haut en couleurs. Cependant, il ne faut pas oublier qui est en face, à savoir une extrême droite qui a pris pour cible les musulmans, pour cacher sous une couche visqueuse leur haine des algériens et des algériennes, ciblés de manière systémique.
Dans ce contexte, je m’interroge sur la faisabilité d’une telle union. Rien n’est moins sur pour le moment puisque les campagnes des candidats commencent à peine. Rappelons quand même que le taux d’abstention lors de la dernière présidentielle était autour des 30%.
C’est donc la mobilisation des citoyens et citoyennes qui nous dira en quoi ils et elles croient ou ne croient pas, en espérant qu’ils se souviennent que le langage des politiques ne peut être que replacé dans son contexte, celui d’un pays en voie de disparition…
